Audition de la Fédération des CPAS bruxellois à la Commission Covid-19 du Parlement

Ce 14 janvier 2021, la Fédération des CPAS bruxellois a été auditionnée à la Commission Covid-19 du Parlement bruxellois.

La Fédération a tenté une analyse nuancée et bien entendu partielle de la crise dans les maisons de repos. Il en ressort un défaut d’attention et de prévoyance à l’endroit des maisons : des semaines durant, elles n’étaient pas prioritaires pour le matériel de protection et de testing. Le comportement de certains hôpitaux et généralistes a aggravé la situation. Le manque de places de maisons de repos et de soins et de personnel de réactivation a aussi pesé. L’absence de formation à l’usage du matériel de protection et des connaissances en hygiène inadaptées à un contexte de pandémie n’ont rien arrangé.

Des progrès ont été accomplis sur ces différents plans et, aujourd’hui, les maisons de repos sont mieux parées pour faire face à un rebond ou une troisième vague.

Il faut éviter à tout prix de réitérer le cocktail amer mélangeant fermeture du lieu de vie, isolement du résidant en chambre, arrêt des activités et animations, rupture de tout contact physique avec les proches et interdiction de sortie. Aucun autre citoyen n’a été confronté à des mesures d’une telle sévérité dont les effets secondaires ont été fort néfastes.

En tous les cas, une maison de repos n’a pas à fonctionner comme un hôpital « low cost ». Ce n’est pas sa vocation et elle n’en a ni les moyens humains, ni les moyens matériels. Elle doit rester un lieu de vie avec des soins.

Force est de constater que la sous-occupation persiste et qu’une série de maisons de repos restent déforcées en terme de ressources financières. Les maisons de repos doivent avoir des moyens comparables à ceux qui étaient les leurs en 2019 pour assurer la continuité des soins.

70 % des personnes décédées à Bruxelles sont des résidants de maisons de repos. Dans un pays qui a notre niveau de civilisation et de richesse, pareille hécatombe n’aurait pas dû avoir lieu. Cette tragédie n’est pas encore à son dernier acte mais la question du sens se pose déjà. Au-delà des réponses opérationnelles, une parole officielle de regret serait plus que bienvenue. En mémoire de tous ceux partis trop tôt et parfois dans une atroce asphyxie mais aussi par empathie pour leurs proches éplorés.

La vaccination en cours donne une perspective de renouer avec une forme de sécurité sanitaire ainsi qu’une vie plus ouverte et féconde. C’est une question de vie ou de mort. C’est un enjeu de solidarité, en particulier avec les plus vulnérables et le personnel de la santé. C’est une responsabilité morale et politique de tout un chacun. Espérons y parvenir au plus vite

Si l’on a appris, les questions sur le virus restent multiples. Quelle sera la durée des anticorps ? Les vaccins vont-ils permettre de réduire les transmissions ? L’immunité collective sera-t-elle atteinte avec une vaccination sur base volontaire ? L’incertitude reste grande et le personnel des maisons de repos plus que fatigué. Tout cela incite à la vigilance : l’heure n’est pas à baisser sa garde.


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Date de publication
15-01-2021
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